Pourquoi je vois autant de hausses en 2026
Depuis janvier, je le vois presque tous les jours avec mes clients chez Prêt Auto Québec: ils trouvent un véhicule qui entre dans leur budget, on monte un scénario de financement raisonnable… puis l’assurance vient brouiller les cartes. Pas toujours un peu. Parfois de 40 $, 80 $, même 150 $ de plus par mois qu’ils pensaient.
Et non, ce n’est pas juste “parce que tout coûte plus cher”. Ça, c’est la réponse facile. Sur le terrain, au Québec, les primes augmentent pour des raisons bien précises: le prix des pièces, la technologie embarquée, les vols, les sinistres météo, le coût des réparations en carrosserie, et aussi le profil de risque que les assureurs tolèrent de moins en moins.
Je vais être direct: en 2026, l’assurance auto est devenue un morceau central du budget automobile. Avant, plusieurs acheteurs regardaient surtout le paiement mensuel du prêt. Aujourd’hui, si on ne calcule pas le véhicule avec l’assurance, on fait une erreur.
Dans mon bureau, je prends maintenant l’habitude de parler d’assurance dès les premières minutes, au même titre que le taux, le terme et la mise de fonds. C’est rendu incontournable.
Ce qui change vraiment au Québec
Au Québec, on a une particularité importante: la SAAQ couvre les dommages corporels dans le cadre du régime public. Ça protège les gens en cas de blessure, peu importe qui est responsable. Mais pour les dommages matériels, le vol, le feu, le vandalisme, la collision et les protections complémentaires, on reste dans le privé. Et c’est là que les primes grimpent.
La facture des réparations a explosé
Il y a cinq ou six ans, un pare-chocs abîmé restait souvent un “petit accident”. Aujourd’hui, sur plusieurs modèles 2024, 2025 et 2026, ce pare-chocs cache des capteurs, des caméras, parfois des radars pour l’aide au freinage, le maintien de voie ou le régulateur adaptatif. Résultat: une réparation qui coûtait 1 200 $ peut facilement monter à 2 500 $, 3 500 $, parfois davantage.
Je l’ai vu récemment avec un client de Laval, appelons-le Mathieu. Il regardait un VUS compact bien équipé, très propre, rien d’extravagant. Son financement passait bien, autour de 8,99 % sur 72 mois, ce qui reste dans la zone qu’on voit encore en 2026 pour un dossier moyen à correct sur un véhicule d’occasion récent. Le paiement fonctionnait. Mais l’assurance? Beaucoup plus élevée que sur un modèle comparable moins technologique. La différence n’était pas dans le moteur ou le prestige. Elle était dans le coût de remettre le véhicule en état après un accrochage banal.
C’est exactement le genre de détail que plusieurs sites oublient d’expliquer.
Le vol automobile ne touche pas juste Montréal
Oui, Montréal reste un point chaud. Oui, certains secteurs de la Rive-Nord, de Laval, de Longueuil et même de l’Outaouais inquiètent davantage les assureurs. Mais je remarque que la perception change: les compagnies ne regardent plus seulement la ville, elles regardent aussi le modèle, le niveau de finition, les systèmes antivol, le lieu de stationnement, l’usage et même les habitudes de réclamation.
Certains VUS et camionnettes restent particulièrement ciblés. Un véhicule populaire, facile à exporter ou à démonter pour les pièces, peut coûter beaucoup plus cher à assurer qu’un autre de valeur semblable. C’est frustrant, mais c’est la réalité.
Mon avis? Trop de gens magasinent encore “à l’émotion” sans faire deux appels d’assurance avant. En 2026, c’est une erreur coûteuse.
Les hivers québécois n’aident pas, et les assureurs le savent
On vit ici avec de vraies saisons. Ça paraît simple à dire, mais ça a un impact énorme sur la sinistralité. Verglas, tempêtes, nids-de-poule, grêle au printemps, pluies intenses en été, épisodes de gel-dégel… tout ça finit par se retrouver dans les statistiques.
Et au Québec, on a aussi la loi sur les pneus d’hiver du 1er décembre au 15 mars. C’est une bonne chose — je suis 100 % pour — mais ça ne fait pas disparaître les accidents. Ça réduit certains risques, oui, mais ça n’efface pas les collisions en chaîne sur l’autoroute 20, les sorties de route dans Lanaudière ou les accrochages de stationnement quand il tombe 25 cm de neige en une nuit.
Les assureurs compilent tout. Quand la fréquence des réclamations monte et que le coût moyen par dossier augmente, les primes suivent. C’est mécanique.
Le coût de remplacement des véhicules n’est plus “normal”
Même si le marché s’est calmé depuis le pic de pénurie qu’on a connu après 2021-2022, les prix des véhicules demeurent élevés en 2026. Un VUS compact neuf bien équipé se retrouve facilement entre 38 000 $ et 48 000 $ avant financement. Une camionnette pleine grandeur? On dépasse souvent 60 000 $, 70 000 $, parfois bien plus.
Ajoutez les taxes au Québec — TPS et TVQ — et la facture réelle grimpe vite. Un véhicule de 40 000 $ devient environ 45 975 $ taxes incluses. Si l’assureur doit indemniser une perte totale ou payer des réparations majeures sur une base de valeur élevée, ça a une conséquence directe sur les primes.
Le crédit joue aussi, même si plusieurs ne le réalisent pas
Je vais nuancer: toutes les compagnies n’utilisent pas les mêmes critères, et le crédit en assurance est encadré différemment selon les produits et les consentements. Mais dans les faits, le profil financier global et la stabilité du client influencent souvent le portrait de risque.
Quand j’aide quelqu’un avec un dossier plus fragile, je sais déjà qu’on devra penser à l’assurance tôt dans le processus. Un client qui sort d’une proposition de consommateur, d’une faillite ou qui a eu plusieurs refus n’a pas juste un enjeu de financement; il doit souvent jongler avec un budget plus serré, des franchises plus élevées et parfois des choix de véhicules limités pour garder une prime acceptable.
C’est justement pour ça que j’en parle ouvertement avec les gens qui explorent du financement auto Québec. Le paiement du prêt ne veut rien dire s’il manque 120 $ par mois pour l’assurance.
Petite démonstration concrète du budget total
Prenons un exemple simple.
Un véhicule d’occasion récent à 27 995 $
Taxes incluses au Québec: environ 32 186 $
Mise de fonds: 2 000 $
Montant financé: environ 30 186 $
Si on finance sur 72 mois à 9,49 %, le paiement mensuel tourne autour de 545 $ à 555 $ selon les frais et la structure du dossier.
Maintenant, ajoutons l’assurance:
- conducteur expérimenté, dossier propre, région semi-urbaine: environ 95 $ à 135 $/mois
- conducteur plus jeune ou quartier à risque plus élevé: 160 $ à 260 $/mois
- véhicule plus volé ou plus dispendieux à réparer: parfois 250 $ à 350 $/mois
Le vrai coût mensuel n’est donc pas 550 $. Il peut être 680 $, 780 $, ou 900 $ passé.
C’est là que plusieurs frappent un mur.
Les nouveaux modèles coûtent plus cher à assurer, même quand ils sont “plus sécuritaires”
Ça peut sembler contradictoire. On me dit souvent: “Mais ce modèle a plus d’aides à la conduite, il devrait coûter moins cher à assurer, non?” Pas nécessairement.
Oui, certains équipements réduisent le risque de collision. Mais quand collision il y a, la réparation est plus chère. Une caméra dans le pare-brise, un radar dans la calandre, un capteur dans le coin du pare-chocs, un système d’éclairage DEL matriciel… tout ça se remplace ou se recalibre. Et la main-d’œuvre au Québec n’a pas baissé, loin de là.
Dans le marché auto Québec 2026, je trouve qu’on sous-estime encore cet effet. Plusieurs acheteurs veulent le “beau package” avec toutes les options — ce que je comprends très bien — mais ils oublient qu’un véhicule plus sophistiqué n’est pas seulement plus cher à acheter, il est aussi plus coûteux à protéger.
Une anecdote qui résume bien 2026
Il y a quelques semaines, j’ai parlé avec Karine, une mère monoparentale de Trois-Rivières. Très bon dossier de paiement récent, mais budget serré avec l’épicerie, le loyer, les activités des enfants — bref, la vraie vie en 2026. Elle voulait un VUS intermédiaire parce qu’elle trouvait ça plus rassurant l’hiver.
Sur papier, on arrivait à quelque chose de correct. Mais quand elle a appelé pour les soumissions d’assurance, elle est revenue découragée. Le modèle visé lui coûtait presque 90 $ de plus par mois qu’une berline à hayon plus discrète, plus facile à stationner, moins convoitée, moins chère à réparer. On a refait les chiffres ensemble. Elle a choisi l’option la plus rationnelle, et honnêtement, je pense qu’elle a pris la bonne décision.
Ce n’est pas toujours agréable à entendre, mais mon travail, ce n’est pas de dire oui à tout. C’est d’aider mes clients à prendre une décision durable.
Là où les gens se trompent le plus
Je vais être franc. Les erreurs que je vois le plus souvent sont presque toujours les mêmes.
1) Choisir le véhicule avant de vérifier l’assurance
Faites l’inverse. Magasinez le véhicule avec deux ou trois soumissions d’assurance en parallèle. Pas après.
2) Se concentrer uniquement sur le taux d’intérêt
En 2026, les taux varient encore beaucoup selon le dossier, le véhicule, l’année et le prêteur. Pour vous donner une idée réaliste, un excellent crédit peut parfois voir du neuf promotionnel autour de 5,49 % à 7,49 %, alors qu’un dossier plus ordinaire en usagé se situe souvent autour de 8,99 % à 12,99 %. En crédit plus difficile, on peut grimper nettement au-delà.
Mais même un bon taux peut devenir secondaire si l’assurance explose.
3) Prendre un terme trop long pour “faire passer” le budget
Oui, allonger à 84 ou 96 mois peut alléger le paiement mensuel. Mais si on ajoute une prime d’assurance élevée pendant des années, on se retrouve avec un coût total très lourd. Je préfère souvent recommander un véhicule un peu plus modeste, mieux assuré, que de pousser un client vers un paiement artificiellement bas sur une trop longue durée.
Le mot de notre expert
Mon conseil de pro est simple: avant même de déposer une demande officielle, choisissez trois véhicules précis et appelez l’assureur avec le NIV ou au moins l’année, la marque, le modèle et la version exacte.
Pas “un Honda CR-V” en général. Pas “un F-150” sans détails. Une version précise.
Pourquoi? Parce que deux véhicules presque identiques en apparence peuvent avoir 60 $ ou 100 $ d’écart par mois en assurance. Entre une traction intégrale, une finition plus équipée, un modèle plus ciblé par le vol ou des pièces plus chères, la différence est parfois majeure.
Si vous êtes en démarche d’achat, je vous conseille même d’utiliser un calculateur pour faire un budget complet avec financement + assurance + essence + immatriculation + pneus d’hiver. Oui, les pneus d’hiver sont obligatoires du 1er décembre au 15 mars, mais dans ma tête, au Québec, on devrait surtout les prévoir au budget dès l’automne, pas à la dernière minute.
Ce que je recommande en pratique à mes clients
Chez Prêt Auto Québec, mon approche est assez terre-à-terre.
Je recommande souvent:
- un modèle reconnu pour sa fiabilité, avec coût de pièces raisonnable
- une valeur de véhicule cohérente avec le revenu réel du ménage
- une franchise qu’on est capable d’absorber sans paniquer
- un terme de financement qui ne dépasse pas inutilement la durée de vie “confortable” du véhicule
Je préfère de loin un client qui roule dans quelque chose de simple, bien financé, bien assuré, qu’un client “impressionné” pendant trois mois et stressé pendant six ans.
Et pour ceux qui ont un dossier de crédit plus compliqué, il faut être encore plus stratégique. Si vous êtes en reconstruction, qu’on parle de retards passés, d’une faillite libérée ou d’un historique mince, on doit penser à l’ensemble du dossier: financement, véhicule, assureur, mise de fonds si possible, et capacité réelle de paiement. Dans certains cas, une 2e chance au crédit auto peut très bien fonctionner — à condition de ne pas saboter le budget avec un véhicule trop cher à assurer.
Délais, approbations et réalité du terrain en 2026
Sur les délais, je vois encore beaucoup de confusion. Une approbation de financement peut arriver vite — parfois en quelques heures, parfois la même journée, souvent entre 24 et 48 heures selon le dossier. Mais ce n’est pas parce que le prêt est approuvé que le montage est terminé.
L’étape où tout se joue souvent, c’est la validation du coût total. Si vous avez déjà commencé à regarder notre inventaire ou si vous pensez remplir une demande, mon conseil est de préparer vos questions d’assurance en même temps. C’est là qu’on évite les mauvaises surprises.
Et je le dis sans détour: en 2026, le client qui gagne n’est pas celui qui trouve juste “le plus beau char”. C’est celui qui comprend son budget complet avant de signer.
Ce que je pense pour la suite
À mon avis, les primes d’assurance auto au Québec ne redescendront pas de façon marquée à court terme. Peut-être qu’on verra des ajustements ici et là si le vol recule et si les chaînes d’approvisionnement restent plus stables. Mais le fond du problème demeure: les véhicules coûtent plus cher, les réparations aussi, et les événements climatiques ne vont pas disparaître.
Donc non, je ne miserais pas sur un retour aux primes “comme avant”. Je miserais plutôt sur de meilleures décisions d’achat.
Si vous êtes rendu à magasiner un véhicule et que vous voulez quelqu’un qui vous parle franchement du paiement et de l’assurance, écrivez-nous. Mon équipe chez Prêt Auto Québec fait ça tous les jours. On peut regarder votre situation, vos options réelles et bâtir quelque chose qui tient la route, pas juste sur papier.
